PapayaPods : la start-up lausannoise qui brille au Web Summit

Ecrit par| Sciences & Technologies

PapayaPods, une jeune start-up lausannoise, s’est récemment démarquée au Web Summit de Lisbonne, où elle a fini dans le Top 3 des start-ups les plus innovantes et première dans la catégorie « Software as a Service ». Retour sur l’origine et le développement de PapayaPods avec Adrien Stucki et Jakub Riziky, deux de ses cinq fondateurs.
  • PapayaPods, qu’est-ce que c’est ?

PapayaPods propose un service de gestion locative via une plateforme internet. Avec celle-ci, le propriétaire et le locataire sont guidés tout au long du processus de location, de la réservation au déménagement. Avec la version gratuite, le propriétaire peut avoir accès en ligne aux demandes de réservation d’appartements, au statut actuel des chambres occupées et peut communiquer en tout temps avec ses locataires. La version payante, plus axée sur la gestion, propose d’autres fonctionnalités comme la gestion des paiements de loyer, la numérisation d’états des lieux et des plaintes. Ce deuxième produit attire davantage les agences immobilières et les propriétaires de résidences, car il simplifie les tâches administratives et centralise toutes les données nécessaires sur une même plateforme.

  • D’où est venue cette idée de projet ?

Née d’un cours d’entrepreneuriat à l’EHL, l’idée d’Alex Just et Jakub Riziky s’est principalement développée avec l’arrivée d’Adrien Stucki et d’Aaron et Elliot Pitts. Les cinq associés voulaient principalement répondre au problème de logement qu’ils ont eux-mêmes rencontré à Lausanne, mais aussi améliorer la situation des propriétaires dans le processus de location.

L’équipe de PapayaPods

En Suisse, la demande est facilement satisfaire […]. Cependant, l’offre est plus difficile à solliciter.

  • Quel a été le plus grand challenge au départ ?

D’après Jakub et Adrien, faire évoluer l’offre et la demande d’appartements au même rythme était un des enjeux les plus importants. En Suisse, la demande est facilement satisfaite : un logement, une fois mis en ligne sur la plateforme, est très rapidement loué. Cependant, l’offre est plus difficile à solliciter. Il faut donc attirer les utilisateurs propriétaires. La première étape pour résoudre ce problème a été de présenter et d’expliquer le fonctionnement de la plateforme aux propriétaires déjà présents sur le marché, via des pages Facebook, des entreprises ou des institutions universitaires. Une fois la version gratuite utilisée et approuvée par les particuliers, la start-up était plus à même de présenter une version payante aux professionnels, avec de nouvelles fonctionnalités basées sur leurs propres besoins.

  • Comment a évolué la start-up ?

Depuis son lancement en avril dernier, la start-up a évolué de manière graduelle, aussi bien par son nombre d’utilisateurs que par sa compréhension du marché. Les deux associés notent pourtant deux tournants décisifs : la rentrée de septembre dernier et le Web Summit de Lisbonne. Durant l’été et notamment en septembre, le secteur de l’immobilier est très actif, mettant en perspective certains problèmes de logement et de gestion des demandes. Les médias se sont donc intéressés de plus près aux solutions apportées par PapayaPods, augmentant sa visibilité en Suisse. De la même manière, le Web Summit a offert de nouvelles opportunités et une visibilité européenne à la start-up, par le classement très favorable qu’elle a obtenu.

Grâce au Web Summit, PapayaPods s’est vu offrir de nouvelles opportunités dans des pays où l’application n’était pas encore développée […].

  • Combien y a-t-il d’utilisateurs aujourd’hui ?

À l’heure actuelle, 3000 personnes sont inscrites sur le site et utilisent activement la plateforme. En moyenne, environ 10000 personnes par mois consultent le site.  La version professionnelle, ouverte il y a six semaines, a rendu disponible une centaine de chambres sur la plateforme. Grâce au Web Summit, PapayaPods s’est vu offrir de nouvelles opportunités dans des pays où l’application n’était pas encore développée, comme la France, la Norvège ou encore l’Afrique du Sud. Suite à cet évènement, 3000 autres chambres devraient arriver sur la plateforme sous peu et un contrat concernant 10000 à 20000 chambres est en début de négociation.

PapayaPods au Web Summit de Lisbonne

  • Dans combien de pays la plateforme est-elle présente ?

Aujourd’hui, PapayaPods est disponible dans trois pays : en Suisse – à Lausanne, Genève, Fribourg et Zurich -, en Espagne à Barcelone et au Royaume-Uni à Londres. L’ouverture du site londonien et barcelonais a permis d’avoir un premier aperçu des marchés européens. Jakub explique que ces marchés immobiliers peuvent être très différents entre eux et qu’il est donc important de les étudier avant s’y introduire.

  • Quels seraient les prochains marchés à développer ?

Le développement des marchés européens serait la première étape, car leur proximité les rend plus faciles à comprendre et plus accessibles physiquement. En dehors de l’Europe, les marchés ciblés seraient l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Singapour. Tout comme l’Europe, ces pays présentent un manque d’offre de location et d’applications proposant une gestion locative facilitée. À long terme, les Etats-Unis seraient également un marché intéressant par son unité (langue, manière de faire les choses) mais qui reste cependant très compétitif.

  • Quel est le grand objectif pour l’année à venir ?

Le principal objectif serait d’obtenir “le produit parfait”, c’est-à-dire un produit qui s’ajuste comme un gant aux besoins des utilisateurs, tout en prouvant que la start-up peut survivre en tant qu’entreprise. Adrien et Jakub estiment que c’est une fois cet objectif accompli que la start-up aura les outils nécessaires pour grandir et se développer davantage.

  • Quelques conseils pour réussir ?

S’entourer de collaborateurs efficaces et motivés. Une start-up évolue dans un environnement particulier : il y a généralement peu de fonds disponibles et le produit se développe très rapidement. Il est donc important d’avoir des collaborateurs capables de consacrer beaucoup de leur temps à la start-up.

Veiller à être dans le bon marché. Sans ça, il est très difficile de lutter contre les tendances.

Rester persévérant. Il y a toujours des moments difficiles, que cela soit financièrement ou avec des clients, mais il faut savoir persévérer et réagir rapidement aux problèmes.

Être prêt à apprendre. Il ne faut pas avoir peur du changement et apprendre de celui-ci. Il est compliqué d’obtenir le produit idéal du premier coup. C’est par la perspective de l’utilisateur et ses feedbacks que le produit pourra répondre au mieux à ses besoins.

Retrouvez le pitch de PapayaPods au Web Summit : https://www.youtube.com/watch?v=c4H0m5RBcMY&feature=youtu.be

 

 

Last modified: 1 mars 2017

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