L’échec est souvent perçu comme une fin en soi, surtout dans un environnement académique suisse exigeant. Pourtant, dans le monde de l’entrepreneuriat et de l’innovation, l’erreur est le moteur même de la réussite. Découvrons pourquoi oser se tromper est, en réalité, la première étape pour progresser.
Quand on parle d’entrepreneuriat et d’innovation, les conseils abondent sur les compétences requises pour devenir entrepreneur; qu’est-ce qui fait un bon projet, comment naviguer les défis rencontrés et comment réussir. Et si nous abordons le moment où un projet échoue et des erreurs que l’on commet ? On nous a longtemps appris à éviter les erreurs, mais souvent c’est justement à travers celles-ci qu’on apprend le plus. Dans cet article, nous explorerons pourquoi les erreurs ne sont pas toujours mauvaises et nous permettent de progresser.
Pas tous les échecs sont mauvais
Si on prend la définition du mot « échec » comme il est dans le Larousse, c’est le « résultat négatif d’une tentative, d’une entreprise, manque de réussite; défaite, insuccès, revers ». Il y a beaucoup d’angoisse autour de ce mot, souvent liée à la pression sociale où l’on redoute d’être jugé par les autres pour nos erreurs. Il y a une tendance à lier l’échec avec l’idée qu’on n’est pas assez doué ou qu’on n’a pas les compétences pour réussir. On va alors plus facilement abandonner et arriver à la conclusion que telles études, telles activités ou tels projets ne sont pas pour nous. Cependant, personne n’est à l’abri de l’échec et tout le monde a déjà échoué à quelque chose dans leur vie sans pourtant abandonner complètement. Les échecs ne sont pas tous aussi mauvais que l’on pourrait croire.
L’essentiel de tout projet : la créativité
Dans l’entrepreneuriat et l’innovation, tout projet a besoin d’une grande créativité et d’audace de se lancer, malgré la peur de se tromper ou d’échouer. La créativité est indispensable afin de tester ses idées et de créer quelque chose de nouveau. La période de la vie où l’on est le plus créatif et où l’on a le moins peur de se tromper est souvent pendant l’enfance. On construit des châteaux de sable un peu trop près de la mer ou on tente de créer quelque chose à partir d’une boîte en carton et du scotch, et le résultat est assez abstrait. Pendant notre enfance, on n’a souvent pas peur d’expérimenter et de se tromper car le but est la découverte et de s’amuser, au lieu d’avoir un résultat final parfait. Ensuite on grandit et on rejoint les bancs de l’école où l’on apprend à suivre des règles et à trouver les bonnes réponses aux questions qui nous sont posées. On apprend à éviter de se tromper et de faire des erreurs, ce qui ne nous prépare pas tout à fait à la vraie vie qui est pleine d’apprentissages et de choses inattendues.
Il est important de se rendre compte que tout le monde fait des erreurs et échoue à des moments dans leur vie, et que c’est normal. Cependant, il est parfois difficile d’accepter ceci, surtout lorsqu’on grandit dans un environnement exigeant, qui récompense les réussites. Prenons l’exemple des réseaux sociaux : souvent on cherche à cacher les procédures derrière un projet et de ne montrer que le résultat final. Ceci peut induire en erreur et faire croire que le projet a été réussi du premier coup, ce qui peut décourager les créateurs et les pousser à abandonner leur projet parce qu’ils n’ont justement pas réussi du premier coup.
Le chemin de la réussite
Et si on considérait le fait de faire des erreurs et de se tromper comme un passage essentiel vers la réussite dans l’innovation ? Prenons l’exemple d’Apple, une entreprise majeure et un leader mondial dans la vente de produits électroniques. En 1993, Apple avait créé le Newton, un appareil composé d’un écran tactile et accompagné d’un stylet où l’appareil aurait été capable de reconnaître l’écriture de son utilisateur. Cependant, il a eu très peu de succès et a été vivement critiqué et moqué dans la presse, par des comédiens et dans The Simpsons. Les raisons pour cela étaient liées à son prix élevé et à sa technologie incomplète qui n’était pas précise dans la reconnaissance d’écriture. Ce qui a été considéré comme un “échec spectaculaire” a vite été abandonné quelques années plus tard.
Malgré cela, le Newton a posé les bases pour les iPhones, les ordinateurs et les tablettes qu’on trouve aujourd’hui chez Apple. Ceci illustre le fait que même si on échoue dans un projet ou que le produit ne remplit pas sa fonction originale, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas quelque chose d’extraordinaire qui peut en sortir lorsqu’on prend ces opportunités pour apprendre et progresser. À l’effigie du Newton, les idées originales ne sont pas toujours les plus populaires au début, elles seront toujours interrogées en détail et mises à l’épreuve, et ce n’est pas parce qu’un projet a été rejeté qu’il n’a pas de potentiel. Le site Museum of Failure regroupe plusieurs « fails » et montre bien que les erreurs et les échecs nous permettent d’apprendre et de progresser dans le domaine de l’innovation. Se tromper et échouer peuvent être des points de départ pour quelque chose d’autre, et souvent pour quelque chose de meilleur.
Se lancer !
Dans l’entrepreneuriat et l’innovation, il est important d’accueillir les erreurs comme une étape naturelle du processus créatif, dont il y aura toujours quelque chose à apprendre. Lorsqu’on considère les échecs comme une étape essentielle à la créativité et à l’innovation, le fait d’échouer devient moins effrayant et représente la preuve qu’on progresse et qu’on apprend à développer de mieux en mieux nos idées. Lancez-vous et ayez le courage de prendre le risque de faire des erreurs, parce que se tromper est normal et humain. Cependant, renoncer à un projet qui vous tient à cœur parce que vous avez peur de vous tromper dans le processus, serait une occasion précieuse manquée.
Sophie Ward
Innovation Time Lausanne

Larousse : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/%C3%A9chec/27446
Museum of Failure : https://museumoffailure.com/
Last modified: 28 mai 2026









