Dans un petit coin paisible d’Hauterive, à l’est de Neuchâtel, se trouve une ferme pédagogique et thérapeutique du nom de Laténa, proposant une approche unique alliant nature et bien-être à travers les ateliers Amaloya. Nous sommes allés à la rencontre de Rebecca Strub, sa fondatrice et propriétaire depuis 2023, afin de mieux comprendre le fonctionnement et les objectifs de ce lieu unique.
Une ferme à la fois pédagogique et thérapeutique
On protège ce qu’on aime et on aime ce qu’on connaît, affirme Rebecca. C’est dans cette optique qu’elle a entrepris de créer un espace permettant aux enfants, adolescents et adultes d’être accompagnés en présence d’animaux, afin d’apprendre et d’“apaiser certains troubles”, explique-t-elle. Son expérience pédagogique par la nature l’a conduite à imaginer une ferme thérapeutique comme un lieu où les jeunes pourraient non seulement se connecter à la nature, mais aussi s’émerveiller et se ressourcer en plein air.
La ferme Laténa a ainsi vu le jour il y a environ deux ans, à la lisière de la forêt d’Hauterive, à proximité d’un viticulteur lui aussi sensible à la biodiversité. Cet environnement contribue alors à créer un espace paisible au contact des animaux, propice à l’apaisement et à l’ancrage, permettant de se reconnecter à la terre ; un aspect essentiel pour Rebecca.
Les ateliers proposés sous le nom d’“Amaloya” regroupent l’ensemble des activités pédagogiques et thérapeutiques organisées sur place. L’objectif est de sensibiliser les visiteurs au bien-être animal, à l’environnement et à la place que nous y occupons. À travers cet engagement, Rebecca souhaite transmettre ses valeurs et offrir un espace de découverte et de ressourcement.
Allier la nature et le bien-être
Pour mener à bien ce projet, Rebecca nous explique qu’elle a dû faire plusieurs choix concernant la sélection des animaux à intégrer à la ferme : forte de son expérience en éthologie équine, elle a commencé en optant pour des ânes miniatures et des béliers qui, comparativement aux chevaux, sont plus adaptés à l’accueil des enfants, notamment en raison de leur petite taille et donc de l’espace qu’ils nécessitent. Ils ont aussi un tempérament plus calme, moins sujet à des réactions imprévisibles comme la fuite, et leur sensibilité aux émotions humaines constitue un atout non négligeable dans un cadre thérapeutique.
Les lapins ont, quant à eux, été choisis par affinité personnelle : leur douceur et leur apparente fragilité invitent à la délicatesse. Les apprivoiser et gagner leur confiance représentent ainsi un apprentissage riche tant en pédagogie qu’en thérapie. Finalement, les poules permettent d’observer le développement des poussins et le cycle des œufs. Le chant du coq suscite également la curiosité des enfants, une expérience sonore rare en milieu urbain. En tant qu’animaux à plumes, elles apportent une dimension différente et complètent la diversité du vivant présente à la ferme. Pour Rebecca, chacun de ces animaux possède son propre caractère, mais tous restent des êtres profondément affectueux.
Une journée type dans les ateliers Amaloya
La journée commence par retrouver les enfants près de la ferme, avant de les accompagner lors d’une balade en forêt. Dès le trajet, la sensibilisation à la nature débute : glands, feuilles ou traces d’animaux, les enfants peuvent y observer les différents éléments saisonniers. À l’approche de la ferme, un arrêt autour d’un banc permet à Rebecca de raconter des histoires sur les animaux sauvages et domestiques. Ces récits permettent un apprentissage sur leur mode de vie, leur habitat et leur alimentation. Elle explique aux enfants, par exemple, pourquoi le renard attaque les poules en présentant son point de vue. Des histoires qui suscitent de nombreuses questions et les aident, entre autres, à comprendre la différence entre animaux sauvages et domestiques.
Les enfants participent ensuite à la sortie des béliers pour les faire brouter, favorisant des interactions spontanées avec les passants. De retour à la ferme, ils poursuivent en nourrissant les animaux : les lapins mangent dans leurs mains, ce qui leur apprend la délicatesse et la patience, tandis que ceux qui le souhaitent peuvent brosser les ânes. C’est un temps d’apprentissage pour maîtriser ses gestes et sa puissance ; un moment si captivant que même les habitués continuent de s’interroger et de s’émerveiller. Finalement, les enfants se réunissent autour d’un feu pour le goûter, suivi d’un cercle de parole où chacun partage ses ressentis.
La séance se conclut sur le chemin du retour, où les échanges se poursuivent, offrant un temps de transition apaisant. Ces activités se déroulent l’après-midi, et des séances individuelles sont également proposées aux enfants dès l’âge de 4 ans. Pour les personnes en situation de handicap ou présentant une déficience intellectuelle, Rebecca propose également des séances individuelles, adaptées à leurs capacités, leurs appréhensions et leurs affinités avec certains animaux.
Une vision tournée vers l’avenir
Rebecca raconte avoir été entourée d’animaux toute sa vie, mais c’est son expérience en pédagogie par la nature qui l’a véritablement orientée vers ce projet. Elle a observé combien les enfants sont fascinés par les petits animaux et les insectes, et combien le contact avec les animaux de la ferme permet de mieux comprendre le vivant. Elle souligne que les animaux sont authentiques et sincères dans leurs réactions : ne connaissant pas nos normes sociales, ils nous aident à révéler notre propre authenticité. Cette relation favorise l’ouverture et l’épanouissement des enfants. En prenant soin d’un animal, l’enfant apprend à reconnaître la différence et à respecter l’altérité, une compétence essentielle dans les relations humaines.
« On n’est pas en dehors de notre environnement, on est en lien avec tout », affirme-t-elle.
À travers les ateliers et les jeux de piste en lien avec les animaux sauvages, elle souhaite montrer que nous ne sommes pas séparés de la nature, mais que nous en faisons partie. Comprendre nos impacts sur l’environnement, et son impact sur nous, est essentiel, tout comme reconnaître que notre santé physique et mentale dépend de son équilibre. Nos choix quotidiens, notamment alimentaires, participent à façonner cet environnement.
Avec ce projet, Rebecca cherche à la fois à émerveiller les enfants, mais aussi à les « enraciner » en leur apprenant à nourrir un animal et à comprendre les cycles essentiels du vivant, afin de les rapprocher concrètement de la terre. Enfin, les thérapies proposées visent à accompagner certaines souffrances et à retrouver une harmonie intérieure.
À court terme, Rebecca souhaite améliorer les infrastructures, dans le but de rendre la ferme accessible aux personnes en fauteuil roulant ou à mobilité réduite. Elle envisage également de collaborer avec des professionnels du social et de la santé pour élargir l’accès aux activités, développer de nouveaux jeux de piste autour de la biodiversité et renforcer les partenariats avec les écoles.
Si vous êtes désireux d’en savoir plus ou curieux de venir découvrir cet univers unique, nous vous invitons à consulter la page suivante :
Martha et Florian

Last modified: 11 mai 2026










