Le 24 octobre 2025, une session consacrée aux fondements de la sobriété technologique a réuni les étudiants du Master en Innovation de l’Université de Neuchâtel dans le cadre du Festilab de la Low-Tech. Invités à l’occasion de l’un de leurs cours, ils y ont eu l’opportunité d’assister à une conférence et de participer à plusieurs ateliers organisés au sein du Club 44 à La Chaux-de-Fonds afin de mieux comprendre l’usage et les apports de cette approche.
Des critères qui bousculent les standards industriels
La low-tech se définit à travers cinq critères : accessibilité, utilité réelle, ressources locales, réparabilité et absence de nuisance. Plus largement, elle désigne une approche technologique qui privilégie des solutions simples, durables et accessibles, conçues pour répondre à des besoins du quotidien tout en limitant leur impact environnemental.
Un cadre clair, presque radical face aux standards actuels de l’innovation qui tendent à privilégier la complexité technologique et le renouvellement rapide des objets. Ici, ces derniers doivent être compris, maîtrisés et appropriés par l’utilisateur. En d’autres termes, loin de la sophistication opaque, la low-tech revendique une transparence qui transforme notre rapport aux objets : lorsqu’un objet est simple et réparable, le lien que nous établissons avec lui devient à la fois plus direct, mais également plus durable puisque nous pouvons le comprendre, l’entretenir et le conserver plus longtemps.
La sobriété comme moteur d’innovation
Ainsi, la low-tech ne cherche pas à multiplier les fonctionnalités, mais à recentrer l’objet sur son usage réel. Cette sobriété fonctionnelle, loin d’être une limitation, est pensée comme une forme de précision : l’objet fait ce qu’il doit faire, ni plus ni moins. On parle alors de maîtrise et de pertinence d’objets, que l’on peut comprendre sans manuel technique et que l’on peut réparer sans avoir de diplôme d’ingénieur.
Un atelier au message qui marque les esprits
À travers quelques slides seulement, un premier atelier a permis de rendre compte que la low-tech n’est pas une technologie du passé, mais bien une vision de l’avenir, où la quête d’innovation peut s’allier à la sobriété, et où repenser nos objets peut aussi transformer notre manière de vivre avec eux.
Particulièrement attentifs, les étudiants ont ajouté durant les échanges que ces approches vont jusqu’à installer une forme de proximité entre humains et objets, en favorisant à la fois un rapport plus responsable, mais également plus affectif : on garde plus volontiers ce que l’on comprend et ce que l’on peut réparer, plutôt que ce qui nous échappe.
La Regenbox, un exemple de low-tech
Un second atelier a permis cette fois de concrétiser la philosophie de la low-tech en agissant directement sur des objets du quotidien, ce afin de réduire le gaspillage technologique en imaginant d’autres solutions. Ici, le but était de créer une Regenbox, un dispositif permettant de recharger les piles alcalines habituellement jetées. Ce système permet d’effectuer une recharge grâce à une technique de micro-impulsions électriques, ce qui permet de prolonger la durée de vie d’une batterie jusqu’à 80 %.
Afin de démontrer l’accessibilité de cette approche, l’atelier a alors muni les étudiants de kits contenant : circuits électroniques, résistances et boîtiers en bois découpés au laser, leur permettant d’assembler eux-mêmes le dispositif. L’objectif était clair : montrer comment des solutions simples peuvent contribuer à réduire son empreinte écologique. La leçon tirée de cet exercice permet ainsi de comprendre que la low-tech n’a pas pour but de créer des objets nouveaux, mais surtout d’ apprendre à mieux utiliser ceux que nous possédons déjà.
La conférence : « Comment faire mieux avec moins »
La journée s’est finalement conclue par une conférence de Corentin de Chatelperron, un ingénieur français engagé dans le développement des low-tech et connu pour ses expéditions explorant des modes de vie plus autonomes. À travers des exemples concrets, il a montré comment des solutions techniques simples et locales peuvent devenir de véritables sources d’innovation résiliente , adaptées aux réalités du quotidien.
Son message final résume bien l’esprit général du Festilab et de l’univers des low-tech : dans un monde aux ressources limitées, l’innovation de demain reposera moins sur la complexité technique que sur la sobriété et la simplicité des dispositifs. Et si cette simplicité devenait le nouvel horizon de l’innovation ?
Valentina Gibellini
Innovation Time Neuchâtel

Last modified: 18 mai 2026









