Wepot, la startup qui offre une solution pour irriguer vos plantes de manière écoresponsable

Les fondateurs de la startup Wepot ont remis au goût du jour les ollas, un système d’irrigation écologique vieux de 4000 ans simple et efficace pour tout type de plantes.

C’est en 2018, sous le nom de « Easypot » que la startup ensuite renommée Wepot voit le jour dans le cadre du Concours START Lausanne ouvert aux étudiants de l’EPFL et de l’UNIL. Arrivés jusqu’en finale, les fondateurs de Wepot, Clément Perez et Quentin Kany, décident de ne pas s’arrêter là et de poursuivre cette aventure entrepreneuriale. Entourés de Mélissa Fahrni, céramiste de métier et aujourd’hui associée et cheffe de production de l’entreprise, ils ont alors gravi les échelons pour faire évoluer leur startup et partager leur vision écoresponsable de l’entrepreneuriat en commercialisant des ollas.

 

Remettre au goût du jour un concept ancestral

L’ollas est une technique d’irrigation utilisée depuis des millénaires. « Il est difficile de remonter à son origine exacte mais son utilisation était importante en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient où l’économie de l’eau était vitale » explique Mélissa Fahrni, cheffe de production chez Wepot. « C’est l’un des systèmes d’irrigation les plus efficaces mais il reste très peu développé en Suisse et même en Europe » souligne-t-elle. Fabriquées en argile, les ollas conservent une certaine porosité lors de leur cuisson ce qui rend leur tesson perméable. « Pour irriguer vos plantes, il suffit d’enterrer l’ollas jusqu’à la démarcation, de le remplir d’eau et de laisser la magie opérer : la plante fixe ses racines autour du tesson et, grâce à la porosité naturelle de l’argile, elle s’abreuve selon ses besoins. On évite ainsi tout stress hydrique, le développement de mauvaises herbes mais surtout une économie de 50% à 70% d’eau » assure Mélissa Fahrni. Un concept qui est donc écoresponsable, simple d’usage et qui, selon la taille de l’ollas choisie, peut aller jusqu’à 10 jours d’autonomie.

Des valeurs écoresponsables et sociales

L’objectif de Wepot naît d’un constat simple : il faut revoir notre rapport à l’eau. « En participant à l’essor de cette technique d’irrigation, nous avons l’espoir d’aider le monde à réduire et améliorer la consommation de cette ressource inestimable » expliquent les fondateurs de Wepot. Ainsi, la startup met tout en œuvre pour avoir un impact écologique positif. Des fournisseurs aux matériaux utilisés pour protéger l’ollas lors de son envoi, tout est pensé local et écoresponsable. « Tous nos fournisseurs sont suisses et pour les envois, nous utilisons des copeaux de bois qui peuvent être déposés dans le pot de la plante avec l’ollas » déclare Mélissa Farhni. Les distributeurs également sont locaux puisqu’on peut retrouver les ollas de Wepot sur leur site internet mais aussi dans plus de 10 boutiques régionales comme des vracs et fleuristes. « Nous misons beaucoup sur l’économie circulaire et la minimisation des déchets. Par exemple, le surplus d’argile lors de la production est récupéré puis réutilisé pour faire un autre ollas » souligne la cheffe de production.

Des valeurs environnementales certes, mais aussi des valeurs sociales puisque dès la création de la start-up, la confection des ollas s’est déroulée aux ateliers protégés de La Cordée. « Pour rendre la production de nos ollas accessible à tous, nous utilisons la technique du coulage dans des moules en plâtre ce qui nous permet d’effectuer l’intégralité du processus de production dans ces ateliers protégés » dévoile Mélissa Fahrni. En outre, Wepot vient d’annoncer un partenariat avec OIDALIS, dans le but de transmettre leur expérience aux jeunes générations. « L’objectif est de leur montrer qu’il est possible de créer des entreprises responsables en Suisse et qu’il est possible de redonner à des concepts ancestraux l’attention qu’ils méritent » explique la cheffe de production puis d’ajouter « Nous souhaitons aussi organiser des workshops pour adultes afin de faire connaître notre produit et son fonctionnement tout en partageant notre expérience et notre savoir-faire. Pour nous, il est important d’être transparent et de montrer ce que l’on fait à notre communauté, cet aspect social fait intégralement partie de Wepot ».

 

Des projets plein la tête

Depuis sa création en 2018, la startup n’a cessé d’évoluer et a même rencontré un accélérateur avec la crise sanitaire. « Avec les confinements, les gens ont passé plus de temps sur internet et beaucoup ont découvert notre marque. Nos ventes ont explosé durant cette période » confie Méllissa Fahrni. Une croissance qui n’a pas été facile à gérer puisque les ateliers protégés ont fermé au même moment. « Nous avions environ deux mois de retard avec les commandes et ça a été un grand challenge mais cela nous a poussé à créer notre propre atelier et fonder une SÀRL plus rapidement » explique-t-elle. Aujourd’hui, les ollas de Wepot sont principalement confectionnés dans l’atelier de l’entreprise mais continuent aussi de l’être dans des ateliers protégés. Wepot propose aujourd’hui une grande gamme d’ollas, allant des tailles XS à XL. Des pots suspendus et des packs sont également disponibles sur leur boutique en ligne. « La prochaine étape sera de passer à une manufacture et d’installer un laboratoire de recherches pour développer nos idées car les innovations possibles sont énormes. Nous réfléchissons par exemple à un projet d’ollas reliées par des systèmes de tuyaux à une cuve récupérant l’eau de pluie pour ne plus avoir à remplir chaque ollas et surtout dans le but d’avoir un impact écologique à plus grande échelle » explique Mélissa Fahrni avant d’ajouter « En ce moment, Wepot effectue des tests scientifiques afin d’analyser plus en profondeur le fonctionnement des ollas dans différentes terres et avec différentes plantes, car si on sait que le concept est efficace, il existe que très peu d’écrits scientifiques sur le sujet. »

Une recette gagnante

Le secret de la réussite de Wepot ? « Une recette magique entre artisanat et compétences entrepreneuriales » selon la cheffe de production qui ajoute « En tant que céramiste, je n’aurais jamais imaginé pouvoir développer un produit et le manufacturer. Ce qui a rendu cela possible est le mariage entre mon métier manuel et les compétences entrepreneuriales de mes collègues. Avec cette recette magique, tout le monde est gagnant et je pense que c’est une belle chose de remettre au goût du jour des métiers artisanaux tout en ayant un impact sociétal positif. N’oublions pas qu’il y a beaucoup d’artisans très compétents en Suisse et je pense que leur potentiel peut devenir énorme s’ils s’associent avec de jeunes entrepreneurs motivés ».

 

Shona Allemann

Innovation Time Neuchâtel

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Last modified: 4 avril 2021

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