Concept d’anti café: et si on payait le temps?

Ecrit par| Business & Law

“Le temps c’est de l’argent”,  phrase que les anti cafés ont comprise, et qu’ils appliquent à merveille.

Mais qu’est-ce qu’un anti café ? Le concept est simple : ce n’est pas la consommation que le client paye, mais le temps passé dans le café. En plus des boissons et nourritures gratuites, le consommateur a libre accès au Wi-Fi, jeux de société et autres services proposés par le local.

Pendant très longtemps, le café était uniquement un lieu de consommation.
Aujourd’hui la demande a évolué, elle est bien plus hétérogène : certaines personnes cherchent un endroit où travailler, d’autres viennent pour se détendre ou encore juste pour prendre un café. Les anti cafés sont en mesure de répondre à ces différentes demandes.
L’idée nous vient tout droit de Russie, où les anti cafés sont connus sous le nom de « Tsiferblat » signifiant « cadran d’horloge ». Ce type de café est de plus en plus répandu et la clientèle est émerveillée.

On y trouve tout type de personnes : d’étudiant à homme d’affaires, ou encore même des familles. Ces cafés ont eu un tel succès que les grandes villes européennes, telles que Paris, Londres ou encore Lille ont relevé le défi.

João Montez, professeur à l’Université de Lausanne dans la faculté des HEC et enseignant de microéconomie a accepté de répondre à nos questions sur le sujet.
Ce dernier nous explique que dans les cafés classiques, le client paye non seulement sa consommation mais « loue » également la place où il s’assied. Les gens auront tendance à s’attarder dans les lieux offrant des places confortables. Le café sera donc rempli et ne sera pas en mesure d’accepter d’autres clients, créant ainsi un coût d’opportunité. Les anti cafés quant à eux, font payer le confort, le but étant de garder le client le plus longtemps possible.

 

 

Le self-service, principe sur lequel les anti cafés reposent actuellement, peut poser problème à certains consommateurs. Monsieur Montez suggère de mettre en place un service VIP où l’on payerait un supplément pour le service additionnel. On se rapprocherait ainsi des cafés classiques. Cependant, le risque de congestion existe également dans le business model des anti cafés.
En effet, si les prix sont trop bas, la clientèle aura tendance s’éterniser sur les lieux. Pour répondre à ce problème, on pourrait instaurer un système où les prix diffèrent selon les plages horaires, nous explique Mr. Montez.

Le plus grand défi reste ce que nous pouvons appeler les « profiteurs ». Il s’agit de clients dont le seul but est de consommer un maximum en un temps record. Pour éviter cela, le café peut faire payer les consommations à un prix proche de leur coût – restant inférieur au prix proposé dans un café classique. Ceci permettrait également au gérant d’offrir des produits de meilleure qualité.
Ce projet est tout à fait viable en Suisse. Cependant, le seul moyen de s’en assurer est de mettre un anti café en place. En effet, il n’existe aucune théorie miracle permettant de déterminer le succès d’un tel concept.

Les anti cafés restent un phénomène social. Ils proposent un lieu où nous pouvons faire des rencontres et passer un bon moment. Le but étant d’offrir du confort et une ambiance conviviale nous permettant de nous isoler du stress quotidien.

Last modified: 10 décembre 2017

One Response to :
Concept d’anti café: et si on payait le temps?

  1. M. Gueraouni dit :

    Hello there !

    just in case ! you might not have heard it, but there is a Tsiferblat in Lausanne. It has opened 2 weeks ago.
    Regards
    http://WWW.tsiferblat.ch

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