Projet Ose!

Avec Ose, les sensations explosent !

Dans le monde, environ 50’000 préservatifs sont vendus par minute! En novembre 2020, le projet Ose ! a remporté le prix spécial Innovation Time. Envisagée par quatre étudiantes en Sciences Biomédicales de l’Université de Genève, cette proposition aspire à innover dans un marché où la résistance est pourtant clé – le marché du préservatif. Grâce à une révolution chimiquement pure et biocompatible, il s’agit de commercialiser un préservatif en cellulose qui apportera des améliorations durables et équitables, tout en améliorant son utilisation.

Le concours de la meilleure idée

La dixième édition du Concours de la Meilleure Idée s’est tenue en novembre 2020 durant la semaine mondiale de l’entrepreneuriat. Cette dernière réunit les acteurs de 160 pays qui tentent d’exploiter les innovations inter- ou intra-sectorielles afin de créer les entreprises de demain. L’édition genevoise est placée sous l’initiative ‘Libérez vos idées’ et s’adresse à toutes les personnes qui souhaitent réaliser un projet ambitieux. Un grand partenariat intégrant entités publiques et privées permet d’optimiser la créativité, le réseautage et la concrétisation d’initiatives courageuses. Parmi les différents partenaires, il est possible de nommer la Fédération des Entreprises Romandes Genève (FER), la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (UNCTAD) et l’association GENILEM.

Quatre étudiantes de la faculté de médecine, Ezgi Gozlugol, Ezia Oppliger, Khatiba Khatibi et Emma Jaques y ont présenté le projet Ose!. Déjà lauréat du prix Innosciences, ce projet remporte la seconde place du concours de la Meilleure Idée, recevant ainsi le prix Unitec offert par le Bureau de transfert de technologies de l’Université de Genève. Ayant le vent en poupe, les étudiantes remportent également le prix spécial Innovation Time. La combinaison fermentation, business model, et santé sexuelle aura donc été la bonne source d’inspiration!

Equipe Ose!

L’équipe du projet Ose ! De gauche à droite: Ezgi Gozlugol, Ezia Oppliger, Khatiba Khatibi et Emma Jaques.

Innover en toute intimité

Entreprendre pour innover c’est apporter une solution à un problème! Avec la pilule, le préservatif est le moyen contraceptif le plus utilisé en Suisse. Est-il agréable à utiliser? Pour parer les complications venant d’allergie au latex, des préservatifs non allergènes existent déjà. Est-il local pour autant? Sa production requiert l’importation de matières premières provenant d’Asie, confirmant une dépendance à l’extérieur. Est-il écolo pour autant? Certains dérivés pétrochimiques comme le polyuréthane nécessaire à sa fabrication ne se recyclent pas.

Le projet Ose! consiste donc à proposer une solution 3 en 1: produire localement puis commercialiser un préservatif facile à recycler et dont l’utilisation ne posera pas de soucis au corps humain. Par quel moyen? Grâce à un matériau organique appelé la cellulose bactérienne.

Sous la supervision de Julien Levallois (membre du Science Innovation Hub)  et du Dr. François Barja (faculté des sciences), les étudiantes de la faculté de médecine effectuent leur recherche en laboratoire. La recette de base nécessite la fabrication de la cellulose en laboratoire via la fermentation. Le glucose contenu dans un milieu de culture sert de nutriment aux bactéries acétiques. Ces bactéries sont ensuite ajoutées dans un milieu de croissance et c’est le déchet évacué par ces dernières qui constitue la cellulose. Ce déchet est pur. Afin de rendre la cellulose transparente, le tout est laissé au repos dans un incubateur pendant 7 jours puis lavé. Une fois sèche, cette substance est si fine qu’elle peut peser jusqu’à quelques centièmes de gramme seulement. Avec ce projet, l’épaisseur de certaines membranes en cellulose se contient entre 10 et 30 micromètres, soit en moyenne 58% plus bas que les préservatifs les plus fins vendus sur le marché. Certains ajustements dans la recette permettent également de parfaire des propriétés capitales à la fabrication de préservatifs comme la résistance ou l’élasticité. Des tests permettront finalement d’évaluer la grandeur des pores, si les fibres sont bien entrelacées, et si des virus propices aux infections sexuellement transmissibles sont bloqués.

La portée d’un tel projet !

La pandémie COVID-19 a impacté la production et la vente de préservatifs conventionnels en polyuréthane. La chaîne d’approvisionnement de certains facteurs de production a été ralentie, engendrant de nouvelles prévisions de revenus et plans d’affaires afin de pallier les questions de dépendance à l’international par exemple.

Le projet Ose ! permet de présenter un préservatif naturel, biocompatible non allergène, produit localement avec un matériau biodégradable et ultra fin. Actuellement en phase de recherche et développement, la jeune mais non moins expérimentée équipe de chercheuses est en quête de la composition idéale afin d’obtenir le fameux prototype.

Avant d’entamer la phase suivante de commercialisation, le préservatif Ose! devra d’abord respecter les normes en vigueur afin d’être conforme aux questions de sécurité, tout en passant des tests d’étirement, d’éclatement et de perforation.

Des milliards de préservatifs sont vendus dans le monde chaque année avec une estimation de 17 millions de ventes en Suisse, soit l’équivalent d’environ deux préservatifs par habitant. L’impact sociétal et économique est donc considérable ou plutôt sur mesure pour un projet innovant qui ose la cellulose!

 

Cem Kocaman

Innovation Time Genève

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Last modified: 17 mai 2021

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